professeure agrégée en SVT, a d’abord écrit des manuels scolaires et articles pédagogiques avant de se consacrer à la littérature.
Elle partage son expérience à travers contes, nouvelles et romans, régulièrement primés.
Lauréate de concours internationaux d’Arts et Lettres de France, elle a reçu une médaille de bronze (2020-2021), puis en 2024, une médaille de bronze de l’Académie ASL et une médaille d’argent d’ALF.

Et que tombent les masques !
Et que tombent les masques : de Taha’a à Montpellier, Isabel Lavarec explore l’exil, l’inceste et la danse comme chemins d’émancipation
Un départ à dix ans, un océan traversé, un secret d’inceste qui fissure l’enfance, un corps qui cherche à dire ce que la parole ne peut formuler.
Entre la Polynésie française et Montpellier, entre le lagon de Taha’a et l’architecture minérale du quartier Antigone, se joue une question centrale de notre époque littéraire et sociétale : comment grandir lorsque l’identité se construit dans l’arrachement, le silence familial et la tension entre traditions puissantes et désir d’émancipation ?
Les récits d’exil intérieur, les trajectoires marquées par les violences tues, les interrogations sur le genre et les appartenances culturelles trouvent aujourd’hui un écho particulier auprès d’un lectorat adulte et young adult en quête de textes incarnés, capables de conjuguer mémoire intime et enjeux contemporains.
C’est dans cette ligne de fracture qu’Isabel Lavarec inscrit Et que tombent les masques.
À travers Tiaré, héroïne tahitienne confrontée à la révélation d’un secret incestueux, à la migration vers la France métropolitaine et à la nécessité de se réinventer, le roman propose une traversée dense où la danse tahitienne devient langue du corps, outil de résilience et moteur narratif.
Entre huis clos de colocation, retours d’enfance et montée dramatique jusqu’au mariage final, l’autrice tisse un récit d’émancipation féminine et générationnelle qui interroge la tradition sans la figer, explore les identités plurielles sans les simplifier, et fait de la chute des masques non une rupture, mais l’acte fondateur d’une liberté reconquise.
Taha’a dans l’enfance, Antigone dans la mémoire : l’arrachement comme point de départ.
Tiaré a dix ans lorsqu’elle quitte son île de Taha’a pour Montpellier. Elle laisse derrière elle le lagon, les légendes, les liens familiaux puissants et un territoire façonné par la tradition. Son installation dans le quartier Antigone marque un déplacement radical. Le changement de paysage accompagne une transformation plus profonde : celle d’une enfant confrontée à la révélation d’un secret incestueux.
Le roman aborde l’inceste, la loi du silence et la difficulté de se faire entendre lorsqu’on est une enfant avec retenue et gravité. La violence ne se manifeste pas par l’excès, mais par l’étouffement. Cette révélation fracture l’histoire personnelle de Tiaré et constitue une première mort symbolique.
Treize ans plus tard, son retour dans ce même quartier ouvre une seconde traversée. La colocation inattendue, les souvenirs d’enfance qui affleurent, la présence de figures du passé bouleversent l’équilibre fragile qu’elle pensait avoir construit.
La structure du roman, huis clos, retours en arrière, montée dramatique jusqu’au mariage final, installe une tension progressive et permet d’explorer la superposition des temporalités. L’enfance blessée et l’âge adulte dialoguent sans jamais se dissoudre l’un dans l’autre.













